Histoire d’eau autour d’un rond-point

Monsieur Michel Gorski, Ollioulais, nous livre son témoignage par rapport à la gestion des risques d’inondation notamment dans le cadre du projet de carrefour giratoire au niveau de la Cordeille sur la commune d’Ollioules.

Objet : constats 4 octobre 2021 et synthèse des écarts au PAPI

Lundi 4 octobre 2021, à 7h45 du matin, nous vivons à Ollioules, dans le quartier de Faveyrolles, le premier « EPISODE MEDITERRANEEN » de l’année qui a généré une forte précipitation :

  • 40 mm d’eau en quelques minutes seulement, justifiant l’éloquence des photos qui suivent.
Carrefour de la Cordeille / RD 92

Ces épisodes météo surviennent traditionnellement chez nous en cette saison où la différence entre la température de la mer encore élevée et celle de l’atmosphère qui se refroidit, génère des pluies importantes (10 à 15 litres d’eau par heure, en moyenne). Cependant, vraisemblablement dû au changement climatique, on assiste à une augmentation de la fréquence de ces phénomènes et surtout une augmentation significative de l’intensité des pluies extrêmes, dépassant largement les valeurs habituelles : ici 40 mm d’eau relevés, soit déjà 40 litres en seulement quelques minutes !

Selon les experts, ces pluies extrêmes devraient s’intensifier !

Il est impératif de considérer enfin sérieusement le problème de l’eau.

Afin « d’améliorer la fluidité du trafic et des échanges, la desserte des bus scolaires, sécuriser le carrefour de la Cordeille, les arrêts de bus », le Conseil Départemental projette la réalisation d’un carrefour giratoire.

En 2019, comme prévu par la loi, le projet a fait l’objet d’une enquête publique préalable.

Dans le document présenté, le CD (conseil départemental) classe en une page le sujet de l’eau : « dans la zone d’étude, la vulnérabilité est faible ». Quant aux résurgences et au pluvial, le CD interrogé a répondu : « le projet n’induit qu’une faible imperméabilisation supplémentaire, donc n’est pas de nature à aggraver les écoulements existants. Les travaux ne pouvant qu’améliorer ces écoulements ».

On comprend donc que le CD ne se préoccupe que de l’emprise de son projet, sans se soucier de son intégration dans son environnement et encore moins de prendre en compte les problèmes latents.

D’autre part, en 2020 lors de l’enquête parcellaire, à mes commentaires concernant les impacts environnementaux, on apprenait que le CD avait été exempté d’étude d’impact par la DREAL ! (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement)

Dès 2014, conscient des risques, l’Etat instaurait les PAPI (Programme d’Action et de Prévention des Risques Inondations) dans le cadre de sa Politique pour le Développement Durable.

Ce Programme intègre une gestion durable du risque Inondation afin de réduire les conséquences dommageables sur la santé humaine, biens et environnement.

Il en a confié la compétence aux métropoles, en l’occurrence MTPM (Métropole Toulon Provence Méditerranée).

Ainsi l’état impose par ce programme une vision élargie à l’échelle des bassins et non plus limitée à l’emprise des projets. (Notre vallon de Cancelade fait partie intégrante du bassin du Croupatier comme la Reppe, les ruisseaux de Faveyrolles et de Forgentier).

Il en découle ainsi un élargissement à réflexion ; un élargissement possible aussi au niveau budget par les organismes financeurs proposés par l’état, adaptés au cas particulier du projet.

Ainsi, dans le cadre du projet de rond-point, le CD étant seul maitre d’ouvrage, avec seulement la compétence infrastructures, le grand absent est MTPM à qui l’état a confié la compétence PAPI et particulièrement en ce qui concerne le sujet hydrographie pour :

  • Un état actuel des résurgences et du pluvial ;
  • Une analyse des risques pour en définir une gestion durable ;
  • Une réalisation s’appuyant sur des paramètres de calculs revus, imposés par l’état.

Dès 2018, comme précisé sur son site « metropoletpm.fr », TPM s’est engagé dans l’élaboration d’un « PAPI DES PETITS COTIERS TOULONNAIS »visant « une gestion durable du risque inondation sur l’ensemble du territoire suite aux récentes inondations par débordement de cours d’eau et ruissèlements ».

Sinon, la nature pardonnera-t-elle longtemps encore le manque d’objectivité d’une maitrise d’ouvrage négligeant délibérément les problèmes liés à l’eau, toute étude d’impact environnemental et par voie de conséquence l’analyse des risques présents et à venir ?

(Sachant que plus de 2000 élèves empruntent ce carrefour au moins deux fois par jour).

  • RD 92
RD92
  • RD 92 – Bordure de propriété M. Gorski
RD92 Bordure de propriété M.Gorski

Ainsi, seule une approche globale cohérente du projet dans son environnement, suivant la démarche dictée par l’état, en partenariat avec les organismes compétents et les gens impliqués et responsables, pourra aboutir sur une solution durable satisfaisant le plus grand nombre.

Michel Gorski

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